Chez Nous

La porte baille, laissant échapper un cri d’agoni

Et ce cri est une réponse aux hurlements  du vent

Pour remplir le silence des hommes

Aux lèvres cousues pour éviter toute puanteur

Nous vivions dans le suspendu

Ni dedans ni dehors

Cette maison cherchait qui dévorer le premier

Qui avait la chair bien tendre et l’esprit flou

La pluie claquait des doigts à l’extérieur pour nous distraire

De l’orage qui s’annonçait dans nos cœurs

Si seulement nous pouvions voir l’Etoile du Nord

Et percher nos âmes sur les branches des arbres du jardin

Peut être que des corps mieux disposés en prennent charge

Mais les fenêtres sont brumeuses

avec nos haleines chaudes d’amour, de haine et de sexe

cette maison dans son allure si accueillante et maternelle

nous a permis de s’épanouir et à la remplir avec tous nos énergies

au point que les voix de l’extérieur parlent de nous

comme si nous occupions le même milieu d’existence

nos griffes sortent vite quand un caillou nous est lance

par un de ces enfants qui voit l’étranger mais pas le danger

mais ces enfants qui nous ont visité

sans se faire accompagner par leur innocence

ont perdu leur souffle même après être rentres dans leurs familles

pour vivre la vie d’un produit d’usine

qu’un inventeur a pondu dans l’indifférence totale

mais nous aimons les regards des touristes

qui cherchent à percer notre voile de mystère

comme si se voir nue suffirait à mieux se connaitre